24.01.2008
MES CARNETS DE VOYAGE AU MAROC
Je me permets de vous adresser 32 des 40 des textes que j’ai écrits en vue d‘une éventuelle publication dans votre Maison d‘Édition
Textes, qui relatent des évènements qui me sont survenus ou auxquels j’ai assistés au Maroc, lors de mes 7 séjours en 2007,
J’ai choisi l’immersion complète dans ce pays, où je voyage sac au dos, à pied, en car, train, taxi, et où je vais un mois sur deux..
Textes qui comportent probablement quelques imperfections auxquelles je me ferai un plaisir de remèdier s'il présente un quelconque interêt pour votre maison d'édition.
Amicalement. Denis Bichet
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MES CARNETS DE VOYAGE AU MAROC (2007)
AUTEUR : Bichet Denis
BLOGS : http://bichet.midiblogs.com / http://lanuitlesetoiles.midiblogs.com
PORTABLES : France : 0033 (0)616 600 415 / Maroc : 00212 (0)74 88 25 56
EMAIL : denis.bichet@free.fr
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I - SOUVENIRS DE VOYAGE
IL PLEUT SUR MEKNES
COULEURS D'AEROPORT
DE LA CONDUITE AU MAROC
AGADIR C'EST BERCK PLAGE
UN TAXI POUR TAROUDANT
UNE GUIRLANDE SUR LE DJEBEL
LE BONHEUR EST DANS LA VALLEE
JARDIN MAJORELLE
II - PETITE SOCIOLOGIE
DE LA GENTILLESSE DES MAROCAINS
UN PEUPLE SOURIANT
DE LA CHARITE AU MAROC
DE LA PROPRETE DES MAROCAINS
DU BRUIT ET DE LA TELEVISION
DU ROI PORTABLE
LA FETE DU MOUTON
BONNE FETE AID MOUBARAK
III - DU MARIAGE ET DES FEMMES
DES ESPECES DIFFERENTES
DES COUPLES MIXTES
DE LA VIRGINITE DES FILLES
MARIAGE MAROCAIN
HORLOGES BIOLOGIQUES
DE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
SCENE DE MENAGE
DEUX DESTINS DE FEMMES
IV - DU QUOTIDIEN
GINETTE LA FRANCAISE
LE KEFTA DU JOUR
CORRUPTION ORDINAIRE
DE LA CONTREFACON
POLICE (pas) DE QUARTIER
PASSAGE EN DOUANE
LES FRANCAIS DEBARQUENT
LES CAROTTES SONT DANS LE POTAGE
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I - SOUVENIRS DE VOYAGE
IL PLEUT SUR MEKNES
Il pleut rarement sur Mekhnès. Et pourtant, aujourd'hui pas de chance, il tombe des cordes.
On a prévu une sortie sur Ifrane et Mischliffen, la station de ski mythique du Maroc.
Je téléphone à Aziza, elle confirme la sortie.
Aziza suit des cours de littérature française à la faculté de Mekhnès. On a parlé des heures de littérature, religion, politique... Et on s'est un peu embrassé...
Aujourd'hui elle sèche ses cours. On attrape un grand taxi au vol.
On se bourre à six dans la vieille Mercedes. Le chauffeur me jette des regards de feu.
Il me fait signe de ne pas serrer la jeune fille de trop près... Mais comment faire, je sens toutes les veines de son corps contre le mien, son petit coeur battre sur ma main.
Aziza pose doucement sa tête sur mon épaule et s'endort...
Et l'enfer commence... Le chauffeur, un grand lascar en djellaba islamique, couvert de la tête aux pieds, nous surveille dans le rétroviseur qui ne sert qu'à ça...
Il appuie sur l'accélérateur comme un fou... on dévale les routes du Moyen Atlas, glissantes comme une savonnette, à une vitesse d'enfer... Après des mois de sécheresse la pluie fait ressortir toutes les huiles automobiles... Une vraie patinoire. Même les piétons se cassent la figure.
Soudain une femme, complètement inconsciente ou ivre, traverse le route, de dos, sans même regarder, le chauffeur klaxonne à mort... a-t-il seulement freiné ? La jeune fille virevolte, revient sur ses pas, repart dans l'autre sens... elle va voler sur le capot, ou passer dessous... le choc est inévitable...
Je ferme les yeux!!!
Non ! Elle surgit du fossé, intacte... Je ne sais par quel miracle elle a échappé à la collision... Le chauffeur l'insulte par la fenêtre ouverte...
Aziza ouvre à peine les yeux, j'appuie doucement sa tête sur mon épaule, elle s'endort à nouveau. Et me suce le doigt comme un petit escargot, dans l'angle mort du rétroviseur...
Avec ses yeux fous, le chauffeur enchaîne à nouveau les cascades, double dans les virages, les descentes, jongle entre les camions... Un furieux ! Un kamikaze!
La seule garantie que l'on reste en vie est que ce type a fait des centaines de fois le voyage dans ces conditions... mais connaît-il seulement les dangers de la pluie ???
J'ose espérer que oui. On m'a dit que sur Ifrane, le temps est souvent au froid, parfois à la neige et à la pluie.
On arrive intacts place Lehdim, où quelques mois plus tôt un islamiste a essayé de faire sauter un bus de touristes avec une bouteille de gaz...
Aziza me dit qu'elle a passé une journée merveilleuse.
Moi aussi...
COULEURS D'AEROPORT
L'avion de la compagnie "AtlasBlue" se pose sur le tarmac de l'aéroport de Marrakech Ménara chauffé à blanc.
L'aéroport est un ventre géant qui nourrit le Maroc, en perpétuelle gestation, ingurgite et dégurgite ses hordes de touristes, français pour la plupart.
Papys hilares, ventres mous sous la chemise hawaïenne et méduses aux pieds, qui s'interpellent comme s'ils étaient sur leur terrasse.
Retraités grincheux, gilets multi poches façon pêche à la mouche, qui jouent les vieux routiers du Maroc.
Vieilles institutrices célibataires ou divorcées, crispées du chignon, qui se laissent "driver" comme des gosses de maternelle, par les gentils membres des "Tours Opérators", reproduisant à l'inverse les pires excès de leur métier.
Hommes d'affaires pressés et vieux crabes des affaires louches en costume safari, une femme en France et une jeune maîtresse au Maroc.
"Bobos","gogos" et naïfs parisiens, en tenue Décathlon façon guide du routard, qui poussent quelquefois l'outrance jusqu'à porter le foulard des "moudjahidins du peuple" (le seul crime dont je confesse avoir eu la tentation) dans un pays hanté par la crainte du terrorisme.
Belles étrangères, seins libres sous les bustiers légers et cuisses laiteuses sous les jupes transparentes, en terre d'islam...
Tout ce petit monde est sagement conduit en troupeau indiscipliné, par les gentils membres marocains des Tours Opérators, costume bleu mal taillés et cotte unique de rigueur, dont les bus flambants neufs font la noria sur le parking. Au grand désespoir des taxis locaux qui ne font plus recette, surtout qu'ils avaient pris l'habitude de multiplier leurs prix par dix...
Vivement le sud marocain... Fuir cette gangrène de la mondialisation (dont je suis partie prenante).
DE LA CONDUITE AU MAROC
La première chose qui frappe quand on arrive à Marrakech c'est la conduite automobile.
Les règles du code de la route y sont finalement assez simples et peuvent se résumer à un seul article : "le gros a priorité sur le petit".
Masse métallique, bruit et vitesse aidant, un camion aura priorité sur un bus, un bus sur un fourgon, un fourgon sur une voiture, les 4X4 ainsi que les véhicules de luxe qui confèrent un statut social certain l'emporteront aisément sur les autres voitures.
Et la plus minable des voitures aura priorité sur la noria des scooters et mobylettes trafiquées, porteuses de familles entières, de couples d'amoureux, de bande de copains, qui vombrissent sur le bitume aux heures de pointes ou filent comme des balles traçantes dans la nuit, tous rétros repliés vers l'intérieur, accessoires inutiles et encombrants.
En bas de la liste évidemment, les piétons qui figurent un peu les quilles dans un jeu de "bowling" du samedi soir.
Traverser la route est un jeu vidéo grandeur nature. La sélection est radicale. Gare aux éclopés !
AGADIR C'EST BERCK PLAGE
Agadir, ravagée par un terrible tremblement de terre dans les années 60, est une ville pour touristes. On dirait Berck-plage sous les palmiers.
On se demande si Dieu ne s'est pas amusé à la détruire pour que les touristes la reconstruisent à leur guise. Et comme les touristes ont mauvais goût...
Agadir et sa promenade des anglais... avec ses anglais en tenue yachting... ses allemands qui se gavent de bière et de glace à la vanille... ses français en shorts ridicules, ventre à l'air et tee-shirt sur les épaules, ses mamies en robe mini rose bonbon, slip assorti et seins dégoulinants jusqu'aux genoux... ses retraités de la mine avec leur bonne bouille de gens du Nord et leur toux rauque, qui profitent du soleil comme une bénédiction... leurs petits enfants qu'ils appellent Steevie ou Kévin, cheveux rasés striés de motifs géométriques aztèques et l'inévitable mèche dans le cou, 20 ans après la mode.
Agadir et ses kilomètres de plage de sable fin.
Agadir et ses policiers en quad des sables, uniforme, casquette et fourragère totalement inadaptées à la pratique de ce sport, qui patrouillent en noria suspicieuse à l'affût des couples mixtes illégitimes...
Mais heureusement pour sauver le tout, Agadir et ses jeunes marocaines élégantes et sexys, qu'elles soient voilées ou en bustiers et "jeans" moulants, chutes de reins vertigineuses, démarches souples et félines...
Il émane de ces jeunes filles, une douceur, une féminité, une sensualité unique. Quelle grâce, quelle délicatesse...
Le regard s’attarde et chavire…
UN TAXI POUR TAROUDANT
Après Agadir, Taroudant c'est Tombouctou.
Enfin ! Respirer l'odeur âcre des taxis de l'Afrique; les vents de sable qui vous prennent à la gorge; les marchands de tout et de rien et leurs boutiques huileuses; les bus bondés qui vont et viennent on ne sait où dans un vacarme incessant; les camions chamarrés qui portent trois fois leur poids, des grappes humaines sur le toit, et traversent la place toutes sirènes hurlantes; les enfants rieurs qui vous interpellent pour quelques dirhams, les étudiantes, tabliers gonflés de leur jolis seins, qui vous regardent avec leurs yeux d'amandes et de braise, les femmes voilées qui portent des bébés, les hommes qui se tiennent par la main...
Qu'il fait bon retrouver dans le Maroc profond...
UNE GUIRLANDE SUR LE DJEBEL
Zagora est une fleur du désert, les hommes bleus ses pétales...
De Zagora à Agdz (prononcez Agdèze), une immense oasis aux dattiers majestueux, qui bercent leurs palmes sur de petits jardins soigneusement irrigués, entrecoupée de Kasbahs cuites et recuites au soleil, comme sorties d'un four à potier, où jouent des enfants insouciants et rieurs avec des cerceaux rouillés et d'improbables bicyclettes.
Le bus roule maintenant dans les rubans jaunes et rouges du couchant.
Après Agdz, le paysage est lunaire. Des blocs hiératiques hérissent les ravins scarifiés par des pluies trop rares mais violentes.
Et parfois à mille lieues de tout, là où ne pousse aucune herbe, apparaît dans les phares du bus, la silhouette blafarde d'une femme et d'un enfant sortis d'on ne sait où.
Et au loin, irréelle, dans le ciel d'encre, Ouarzazate, comme une guirlande de Noël sur le djebel...
Le bonheur est peut-être dans ce bus qui roule vers le couchant, quand la nuit est douce et que vous berce la musique ensorcelante de sa mécanique.
LE BONHEUR EST DANS LA VALLEE
Le soleil se lève sur la vallée du Dadès. En ce mois de novembre, le ciel est lumineux, mais l'air vif et piquant. La vallée est un jardin luxuriant entre les collines dépouillées, piquées de rares arbrisseaux, refuges des chèvres capricieuses à manteau noir.
Je prends un taxi collectif, un mini bus Mercedes, nous sommes 22 pour 8 ou 10 places. Le chauffeur me laisse en haut de la vallée.
J’entreprends la descente, douce et tranquille. Les enfants me saluent, les jeunes filles me sourient.
On a vraiment l'impression d'être au bout du monde, dans un coin de paradis perdu, Katmandou dans l'Atlas.
On me demande où je vais, si je suis allemand, américain ou anglais... mes yeux sans doute... On m'invite à boire un thé, non sans essayer de me vendre quelques tapis...
Je visite la maison, c'est une splendeur, un havre de paix, refaite à l'ancienne, poutres de platane écorcées et tordues, plafond de joncs tressés, murs de terre cuite et technique de lissage à la cire...
Ils me proposent de partager leur repas, de passer la nuit...
La fille du logis est belle à ravir... Elle est active et souriante, pleine de vie... Elle me regarde en travaillant... J'imagine le pire... Alors il vaut mieux partir... Que le destin n'arrête pas mon chemin...
Je reprends ma route. Les femmes sortent des jardins, portant de lourdes charges en jacassant, tandis que les hommes devisent tranquillement sur le parvis des maisons en me saluant.
Des jeunes filles tirent et frappent en riant une maigre vache qui ne demande qu'à avancer... Pourquoi celles qui subissent l'oppression millénaires des hommes et de leurs lois, exercent-elles à leur tour cette oppression sur plus faibles qu'elles ?
Les enfants me demandent un dirham, un stylo ou un bonbon, des seules phrases qu'ils connaissent en français.
En bas, dans la rivière, les femmes lavent le linge, des tapis d'un rouge violent, et surveillent les enfants qui se chamaillent en s'aspergeant d'eau lumineuse.
Des kasbahs de terres cuites défient le temps, fières et majestueuses sur leurs pitons rocheux, vestiges des razzias entre nomades du désert et sédentaires des vallées, qui résonnent encore des "fantasias" de cavaliers à grands fusils et des "youyous" des femmes berbères.
Tout respire le calme et la sérénité, je suis heureux... Comment ne pas l'être ?
Mille ans, rester mille ans dans cette vallée éternelle... Comme le temps immuable... Comme l'eau, la vie qui s'écoule douce et tranquille...
JARDIN MAJORELLE
Ma fille chérie est venue me rejoindre au Maroc, elle a voulu visiter Volubilis et le jardin Majorelle à Marrakech. C'est une merveille, un Eden, un coin de paradis, un havre de paix et de verdure bruissant du chant de milliers d'oiseaux et de cascades d'eau claire...
Des variétés infinies de plantes aquatiques et tropicales, des cactées somptueuses...
Des fleurs d'un rouge, violet, jaune éclatant....
Des jeux d'ombre et de lumières et sa fraîcheur apaisante...
Et ma fille, la plus belle des plantes, un peu cactus, un peu rose des sables...
Un homme peut avoir 10 femmes dans sa vie, il n'a qu'une seule fille.
II - PETITE SOCIOLOGIE
DE LA GENTILLESSE DES MAROCAINS
Les marocains sont d'une gentillesse exemplaire. Vous ne serez jamais seuls, dans la rue, dans le train, toujours quelqu'un vous parlera et voudra vous aider.
Si vous vous perdez dans le dédale invraisemblable des rues du mellah ou de la médina, un gamin vous tirera par la manche pour vous remettre dans le droit chemin.
Vous pouvez même demander à une jolie fille, elle ne vous regardera pas de haut et ne menacera pas d'appeler un agent comme à Paris.
Au contraire, elle vous accompagnera, sans arrière pensée, ni méfiance paranoïaque, jusqu'à l'endroit où vous devez aller.
Il ne se passera pas de jour sans que l'on vous souhaite la bienvenue.
Maroc terre d'accueil.
UN PEUPLE SOURIANT
Un peuple souriant.
Des filles qui marchent en riant, vous interpellent et vous sourient... Des passants qui vous donnent le bonjour… Des enfants qui vous souhaitent la bienvenue... Des vendeuses, serveuses, qui vous demandent à toutes heures du jour si "ça va?"…
La gaieté des marocains est endémique, magique, prolixe… Elle n’a pas de limites et s’exprime quotidiennement à travers les rires et les sourires de ce peuple en marche vers le bonheur.
Il est rare de trouver des regards de défiance, d’agressivité, de méchanceté. La seule exception est dans les quartiers populaires ou la présence d’un européen et d’une marocaine peut heurter les sensibilités.
Même les gens qui vous bousculent -ou que vous bousculez par mégarde- prendrons toujours la peine de s’excuser.
Essayez donc à Paris, vous ne trouverez que regards torves, biaisés, haineux, indifférents, agressifs ou méprisants.
Est-ce biologique, historique, culturel ?
Est-ce que le soleil, le thé à la menthe, les jus d’amandes, les cornes de gazelles rendent les gens plus gais et plus heureux ?
Et disons le parfois, une certaine pauvreté…
On pourrait le croire.
Quand je pense aux pimbêches parisiennes qui s’imaginent qu’on va leur sauter dessus, pour un regard… Si elles savaient la beauté et la gentillesse des marocaines, elles enjamberaient le pont de l’Alma…
DE LA CHARITE AU MAROC
Au Maroc, la charité est séculaire comme la misère.
Donner aux pauvres est d'ailleurs un des cinq piliers de l'islam.
Il y a des mendiants à chaque coin de rue, des handicapés et des difformités comme s'il en pleuvait : des moignons de bras comme des cactus, des jambes comme des lianes, des pieds déformés, violets, pachydermiques, des culs-de-jatte avec des morceaux de pneus sous les genoux... On se demande si les pays d’Afrique n'ont pas inventé des maladies que nous ignorons. C’est le Moyen-âge à notre porte, la Cour des Miracles...
Mais comment ne pas voir ces pauvres femmes enfouies dans leur misère et qui tendent humblement la main pour quelques dirhams ? Et si c'était nos mères, nos grand-mères ?
Après une vie de labeur et de soumission, finir ainsi, tapie, rabougrie à l'ombre d'un palmier, oubliée de tous... N'est-ce pas le comble de la misère ?
Et ces jeunes mères, belles de leur visage du désert, enturbannées du bleu des touaregs, que le destin a jeté sur les chemins et des paillasses sales au coin des rues avec des enfants beaux et barbouillés comme des anges déchus ?
Tant de misère, impossible de donner à tout le monde, et impossible de ne pas donner.
Alors j'ai trouvé une solution, je donne au premier mendiant du matin et au dernier du soir.
Et parfois dans la journée...
D'ailleurs, tout le monde donne au Maroc, même les jeunes, même les riches...
Et parfois les touristes...
DE LA PROPRETE DES MAROCAINS
Si vous avez la chance d'être invités dans une famille marocaine, vous serez frappés par la propreté des lieux.
Vous ne mettrez pas les pieds sur le tapis du salon autrement qu'en chaussettes ou en babouches had hoc. Si vous tentez de glisser, ne serait-ce que par omission, la pointe d'une chaussure, vous verrez se lever vers vous les regards étonnés, rapidement réprobateurs et une clameur de protestation si vous persistez.
Les tapis sont fréquemment secoués, brossés, lavés. Les sols récurés dans les moindres recoins.
Les toilettes, fussent-elles à la turque, ont la propreté d'un laboratoire d'analyse médicale. Vous pouvez laisser tomber votre sandwich kefta frites, le ramasser et le manger sans problème.
Le balai espagnol et la serpillière fonctionnent à plein régime. Les femmes s'en donnent à coeur joie. Les jeunes filles idem. Et les fillettes s'entraînent dès leur plus jeune âgé. Ce qui fait de la femme marocaine une fée du logis. Un peu méticuleuse.
Pendant ce temps les hommes regardent négligemment la télé, mais gare à eux s'ils contreviennent à la règle sacrée des babouches ! Les cris et réprobation en arabe dialectal vont fuser.
Ce qui permet de penser que si les hommes ont le beau rôle dans la rue, les femmes commandent à la maison.
Qu'on se le dise! Car la marocaine n'est pas une femme à se laisse marcher sur les pieds.
DE LA TELEVISION ET DU BRUIT
Le marocain aime le bruit. Est-ce une façon de signaler son avancée technologique par l'usage bruyant des mobylettes trafiquées, des voitures vombrissantes, par l'abus des freins et du klaxon, des musiques de plage vociférantes et autres avantages acoustiques de la technologie moderne ?
Mais là où le marocain se distingue particulièrement c'est par l'usage immodéré qu'il fait de la télévision...
La télévision fonctionne sept jours sur sept. Si personne ne se prend les pieds dans le fil en allant pisser il est possible qu'elle fonctionne toute la nuit.
Il faut dire qu'avec cent chaînes, et encore c'est essentiellement parce que la télécommande s'arrête à 100, les marocains ont le choix (Dans le plus pauvre des bidonville, comptez le nombre de paraboles, comme des pâquerettes dans un champs de misère, vous aurez le nombre d'exonérations). De Qatar a Abou Dabi, avec l'incontournable « Algezira » qui se veut la CNN du monde arabe, en passant par le Liban et ses orchestrations vieillottes des concerts noir et blanc d'Oum kalsoum, l' Égypte et ses feuilletons familiaux, les chaînes américaines qui diffusent à leur avantage le monstrueux conflit Irakien, avec débauches de GI en Robocop, qui nous font et refont les fantasmes meurtriers des tempêtes du désert à la vitesse d'un zapping effréné, volume à fond, comme si les Fantoms et autres chars Abrahams nous rasaient la tête dans un concert de mécanique hurlante et de réacteurs stridents sur fond de minarets, de sable chaud, de carcasses calcinées et fumantes, édulcorant la misères des peuples meurtris et des corps déchiquetés.
Tout ça entre les crêpes au miel du petit-déjeuner et le tajine poulet qu’on mange avec les doigts, servi avec un thé brûlant sommes les flammes de l'enfer.
Quand on a épuisé les cent chaînes et les concerts lancinants des violoneux d'Oum kalsoum et toutes les guerres du globe, les publicités « Vache qui rit » sur fond de danse du ventre, il reste une solution, mettre un CD de musique traditionnelle en boucle et à tue-tête.
Et tant pis pour ceux qui n'aiment que Leonard Cohen ou Carla Bruni et leurs douces mélopées.
DU ROI PORTABLE
Il y a deux rois au Maroc. Sa Majesté Mohamed VI, Commandeur des croyants, appelé amicalement le roi des pauvres, parfois M6.
Et un autre roi, plus récent, plus prosaïque, et tout aussi vénéré ; le téléphone portable.
Il y a une époque pas si lointaine, où l'état marocain ne connaissait pas à 10 millions près, le montant de sa population. 20 millions ou 30 millions d'habitants ?
Maintenant c'est facile, il suffit de connaître le nombre d'abonnés au téléphone portable. Si on considère les bébés qui n'en ont pas et ceux qui en ont deux ou trois, le compte est bon.
Car le Maroc, réussit, entre autre paradoxe, à être l'un des pays où la téléphonie est la plus chère et l'un des mieux équipés en téléphones portables.
L'anecdote la plus curieuse à ce propos, est celle d'un clochard, hagard sur de vieux cartons, qui ne semblait posséder rien d'autre que sa djellaba sale et trouée, et qui sursaute brutalement à l'appel d'une sonnerie, avant de sortir de la poche le dernier Nokia MP4 et d'entamer une conversation avec un compagnon de misère à l'autre bout du Maroc.
Une autre particularité est que, la plupart des jeunes étant fauchés, personne n'a d'unités. Le téléphone ne semble être destiné qu'à recevoir des appels. Ou sport national marocain, à "bipper" pour qu'on vous rappelle.
Un opérateur propose même pour relancer la consommation ce texto gratuit « rappelle moi, j'ai plus d'unité »
Qui appelle alors, me direz-vous ?
Le téléphone étant essentiellement un outil de drague et de rencontre, une façon de détourner les lourdes contraintes et les obstacles qui pèsent sur les relations garçons filles, ce sont, courtoisie oblige, les garçons qui appellent les filles.
Les filles se contentent, comme dans tous les pays du monde de se faire désirer, sans bourse délier.
Ce qui permet aux petits mâles d’affirmer leur présence, aux filles de se sentir désirées et aux opérateurs de gagner de l'argent. Tout le monde est content.
Et tant pis pour les dragueurs polygames si la facture est lourde.
Quand les garçons n'ont plus d'unités sur leur portable, à force de draguer, autre sport national marocain, la nature qui a horreur du vide, a tout prévu.
A chaque coin de rue, vous trouverez des téléboutiques, où pour quelques dirhams, et à toute heure du jour et de la nuit, vous pourrez appeler ou relancer l'élu(e) de votre coeur.
Mais le grand drame du dragueur marocain, c'est de savoir qui appelle ou qui rappeler... Car les filles qui bippent d'une cabine ou envoient des textos font généralement l'économie de leur prénom, pensant sans doute, être la seule et unique...
Ah! Si toutes les filles avaient le même prénom...
En attendant, se contenter de les appeler "habibati" chérie...
LA FETE DU MOUTON
L’Aïd el Kabîr, c’est la grande fête. On m’avait prévenu, tout serait fermé.
Donc dans Rabat, la capitale, je tourne en rond comme une âme en peine. Quasi seul dans les rues. Même les clochards sont de la fête.
En plus, il pleut. Foin d’une balade en bord de mer, seul face à la houle, héros solitaire.
Et pas l’ombre d’un croissant. Tout juste un bar d’hôtel terne et grisâtre où les huit ou dix célibataires, sans famille de la ville, sirotent tristement leur café.
A midi, sauvé ! Mac Do ouvre ses portes. L’Amérique a parfois du bon. Mais pour conjurer le grand Satan, je prends quand même un « Mac Arabia ».
Pourtant, depuis une semaine on sentait l’affaire venir. Samira, retenue dans sa famille pour l'occasion, m’avait prévenu : « Remplis ton frigo ». On n’écoute jamais assez les femmes.
Tout un petit bizness se mettait en place. Des hachoirs et tranchoirs de toutes tailles. Des billots en bois pour découper le mouton. Des affûteurs au coin des rues avec leur pierre ovoïde et des lames fines comme des rasoirs. Des doses de charbons de bois soigneusement alignées. Des cordelettes. Des bottes de foin partagées en rations de trois jours, le mouton ne devant pas survivre au-delà.
Et enfin les braves bêtes qui débarquent en masse de la montagne dans des camionnettes à plateau, avec leurs cornes tarabiscotées comme des croissants, qui vous regardent de leur gros œil doux, fendu d’une pupille d’acier. Egarés, effarés sur le goudron et le béton des villes, à mille lieues de leurs collines arides. Ficelés aux pattes, portés, poussés, traînés, escortés, acclamés par une cohorte des gamins joyeux.
Cajolés quelques jours sur le balcon ou la terrasse, avant d’être égorgés. Photo de famille avec les enfants à califourchon qui l’embrassent et lui tirent les oreilles. On l’aime bien, on lui parle.
Car selon la tradition, le mouton sacrifié ira directement au paradis, avec âme, pattes et laine, entièrement reconstitué.
Mais ce matin, c’est le grand jour. La famille au complet assiste à l'événement. Pour être un homme, il faut voir et savoir égorger le mouton. Et l’égorgeur doit être un saint homme. Cette tradition réminiscence du sacrifice d‘Abraham, réservée à ceux qui en ont les moyens, est l’occasion d’inviter la famille, de partager avec les pauvres.
Nos grands-pères égorgeaient de la même façon le cochon, soigneusement, poliment, avec respect.
Vers midi, je croise quelques égorgeurs à domicile, les couteaux à la main, la laine sur l’épaule. Au fenêtre des cours intérieurs, des peaux grasses et luisantes.
Au centre ville, un caniveau, des flaques d’eau, rougies du sang des moutons égorgés qui se mêle à la pluie.
Une fumée âcre flotte sur la Médina. Les têtes et les pattes carbonisent sur des barbecues de fortune. Tout un bric-à-brac de planches vermoulues, de chevrons cloutés, de cartons, de plastiques, achève de se consumer à même le rue.
Quelques femmes enlacent les boyaux vides et nettoyés autour de leur bras, comme des cordelettes de laine à carder.
C’était la fête du mouton. La grande fête des musulmans. L’Aïd el Kabîr.
DE LA POLITESSE
Il flotte comme un air de printemps sur Rabat en ce 25 décembre, jour de Noël.
M'identifiant aisément comme chrétien (les musulmans n'imaginent pas qu'on puisse être athée ou agnostique), de nombreux marocains/marocaines me souhaitent un "Bon Noël" d'un signe de la main ou en souriant (alors que Noël ne signifie absolument rien pour eux et ne figure pas dans leur calendrier liturgique).
Combien sommes nous a avoir jamais souhaité une bonne fête à un musulman que nous ne connaissons pas ?
III - DU MARIAGE ET DES FEMMES
DES HOMMES ET DES FEMMES
En Europe, les femmes sont des hommes comme les autres.
Au Maroc, les hommes et les femmes sont deux espèces différentes, comme le cheval et la vache (j'ai dit une bêtise ?? personne n'a dit du mal des vaches...).
Bon, disons le putois et l'hermine, le phacochère et la gazelle... Ça va, je me suis rattrapé ?
Au Maroc, il y a des choses que les hommes peuvent faire et pas les femmes, m'explique Asmaa -comme s'allonger sur un banc, dans l'herbe ou sur une plage- pour ne pas offrir son corps au regard concupiscent des hommes...
Il faut croire que les femmes ne sont pas concupiscentes... Mauvaise nouvelle.
Ou se baigner sans porter un tee-shirt qui descend jusqu'au bas du dos, voire toute habillée...
Exception faite pour les riches, les dévergondées et les européennes "qui comme chacun sait...".
Moi je sais rien, j'suis là pour apprendre...
DES COUPLES MIXTES
Au Maroc, comme ailleurs, les couples mixtes, légitimes, illégitimes, provisoires ou en devenir, existent.
Ils ont cependant quelques particularités ;
Si on observe ceux qui déambulent dans les rues d'Agadir à l'heure du loup, on peut tirer les conclusions suivantes ;
L'un est marocain, l'autre moins... L'un est riche, l'autre moins... L'un est jeune, l'autre moins...
Ça fait trois différences, et si on les multiplie entre elles, on devrait arriver selon les lois des probabilités, au nombre de 2 puissance 3 combinaisons, soit 8 cas de figures possibles. Je vous laisse vérifier.
Sous réserve, que je sois bon en math, ce qui est pas le cas, j'attends donc sans appréhension qu'un premier de la classe ou un fort en math, infirme ou confirme mes calculs...
Mais en fait, ça n'a pas beaucoup d'importance, car de toutes façons au Maroc, il semble que, concernant les couples mixtes :
L'européen, le riche, le plus âgé est toujours le ou la même, qu'il soit homme ou femme.
Et a contrario, le pauvre, le jeune, le ou la marocaine est toujours le ou la même.
DE LA VIRGINITE DES FILLES
Il y a trois cas selon lesquelles une fille n'est pas mariée au Maroc.
1) Soit elle est franchement laide, ce qui est rare, vu la beauté des filles de ce pays merveilleux.
2) Soit elle est franchement pas vierge... ce qui est moins rare, encore faut-il qu'elle ait eu la maladresse de le faire savoir...
3) Soit elle est franchement intelligente, indépendante ou instruite, et dans ce cas, elle fuit la condition qui lui est destinée, à l'image de celle qui fut faite à sa mère...
Le cas n° 2 trouve sa solution par une petite intervention chirurgicale réparatrice d'environ 4000 dirhams (400 euros).
Et si on les a pas, par un petit mensonge ; alléguer d'une mauvaise chute, d'un gynécologue maladroit...
Le cas n° 3 (et le n° 2 accessoirement) trouveront une solution par le mariage avec un européen, nettement plus ouvert et compréhensif...
Ça c'est la théorie, un peu caricaturale et réductrice, comme toutes tes analyses.
Car en fait, il existe au Maroc, comme ailleurs, des filles merveilleuses et sentimentales, qui ont l'amour de l'homme qu'elles aiment chevillé au corps... et qui donneraient leur vie pour lui.
C'est pour ça que j'aime ce pays ou l'on sent que certains mots... l'amour, entre autre, ont encore un sens...
MARIAGE MAROCAIN
Été 2007. Rencontre avec Zelma à l'Institut Français d'Agadir.
Les Instituts Français sont des merveilles. Ils maintiennent haut et fort la culture à l'étranger;
Zelma est doctorante en Droit et en Economie. Elle jouit d'un statut et d'un salaire confortable.
Sa famille habite, malgré sa réussite sociale fulgurante, au bord du désert. Quelque chose comme des sahraouis avec des traditions bien ancrées.
Je farfouille dans les livres et la presse française.
Elle m'aborde. La discussion s'installe, elle m'invite à boire un verre à la cafétéria. Et me laisse payer.
Le soir, elle m'invite à manger. Et me laisse payer.
Le lendemain, rebelote (avec un "b").
Le jour suivant, repelote (avec un "p").
Au quatrième jour, elle me propose le mariage et fixe les conditions avec une rigueur d'ouléma. Le mariage est traditionnellement un contrat entre deux familles au Maroc.
Je l'écoute curieux et amusé : Je dois acheter la maison -ou l'appartement au choix-, le mobilier et l'électroménager...
Les factures, assurances, taxes, impôts, c'est pour moi...
La voiture, l'essence, l'entretien, idem...
Je paye évidemment la nourriture, les vacances, le restaurant...
J'en oublie... Disons je paye tout.
Je risque une question... Qu'est-ce qu'elle compte faire avec son salaire (confortable) ?
Elle me répond avec candeur, que c'est son argent de poche, et avec une logique de Docteur en Economie, que c'est autant d'argent économisé pour moi ; ce qu'elle s'achètera en parfum et bijoux, c'est autant que je n'aurais pas à lui acheter...
Evidemment vu sous cet angle, c'est tout bénéf...
Elle ajoute avec cynisme, que l'avantage, c'est que tout ce que je payerai sera à moi. Elle ne sait pas que je sais, mais je sais qu'elle sait (puisqu'elle est diplômée en droit), que la "moudawana", la nouvelle loi régissant mariage au Maroc oblige au partage égal des biens en cas de divorce...
_Ah, dit-elle, j'allais oublier, la dot... Et bien la dot, ça commence à 50 euros, (je respire, mais pas longtemps...) Mais pour moi, Zelma, princesse du désert, c'est au moins 2000 euros... Je les vaux bien, non ?
Comme je suis pas un gougeât, j'acquiesce.
Elle me donne deux jours pour réfléchir. C'est deux jours de trop.
Je lui envoie un texto : " Zelma, je suis un occidental progressiste, il n'est pas dans mes habitudes d'acheter une femme, je suis pour l'égalité et le partage..."
HORLOGES BIOLOGIQUES
Au Maroc, il semble que les hommes et les femmes fonctionnent selon deux horloges différentes.
Celle des femmes fonctionne comme un compte à rebours, elle est dotée au départ, d'un capital heures séduction, qui s'égraine au fils des ans. Celle des hommes fonctionne comme une horloge normale, elle additionne les heures. Les femmes sont au maximum de leur séduction entre 20 et 40 ans. Les hommes sont au maximum de leur réussite sociale entre 40 et 60 ans.
C'est pourquoi, au Maroc, les hommes mûrs et les femmes jeunes ont vocation à se rencontrer. Lorsque le capital séduction de chacun d'eux est à son maximum.
DE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
Combien de fois ai-je entendu cette histoire?
Une jeune fille se lève, tôt le matin, pour aller à son travail, gagner de quoi nourrir ses frères et soeurs, et parfois ses parents, ou poursuivre ses études dans l'espoir d'un avenir meilleur.
Dans une rue sombre ou déserte, deux ou trois mauvais garçons la cernent, lui placent le couteau sous la gorge et menacent de lui taillader la joue, de la défigurer...
Ils lui prennent son portable, son argent et ses papiers...
Cette agression est hélas banale, même si de jour, les rues du Maroc sont plus sûres que celles de n'importe quelle ville de France, vu la densité des policiers en uniforme et en civil et la solidarité des marocains.
Mais il ne faut pas s'y tromper, cette violence qui est faite aux femmes, souvent des jeunes filles, ne s'exerce pas dans le seul but de s'approprier leurs maigres biens.
Non, cette violence représente un caractère symbolique bien plus profond.
Quelles sont ces filles, ces jeunes femmes, qui osent se promener cheveux libres, sans mari, sans frère ou père, seules dans les rues, si tôt ou si tard !?
Ces femmes qui bravent le regard réprobateur des hommes et refusent le destin de soumission qui leur est fait ?
Quand les soeurs de ces pauvres garçons sont cloîtrées à la maison, destinées à reproduire celui sans avenir de leur mère.
Ces jeunes filles qui travaillent, qui étudient sont un affront à la tradition, un affront à la virginité des filles qui est une obsession chez ces petits voyous de quartier, ancrés dans leur misère et leur ignorance, sans travail, sans avenir, sans instruction...
C'est une vengeance à l'encontre des femmes, de leur la liberté, de leur volonté de briser les chaînes du passé, le carcan de la tradition, le destin d'humiliation et de servitude qui leur est fait...
SCENE DE MENAGE
Scène de ménage au coin de la rue à Rabat Hassan (Centre ville). Un attroupement se forme. Personne ne veut perdre une miette du spectacle.
Un couple s’engueule, le type en reçoit des vertes et des pas mûres.
Deux voisines traduisent pour moi, en léger différé, comme quand on écoute un discours de Sarkozy sur deux chaînes à la fois.
Sauf que c’est pas du Sarkozy, pas du fleuret moucheté. C’est des répliques à la « Audiard », du Pagnol, rue ben Abdellah. En arabe dialectal aux sonorités riches et gutturales.
Samira et moi on prend des notes. Pour enrichir notre répertoire...
Les marocaines ont un tempérament de feu, pour le meilleur comme pour le pire, à la cuisine comme à l’étage.
Tout y passe, ses défauts, ses retards, ses chaussettes…
On va bientôt apprendre ses contre performances…
Je décroche.
DEUX DESTINS DE FEMMES
Ça pas loupé. Comme on avait pris des notes, Samira et moi, on s’est engueulé (voir scène de ménage).
Faut dire qu’on n’est pas des faciles tous les deux. Surtout moi (j‘suis bien élevé, z'avez vu ?…).
Samira a deux qualités ; honnête et courageuse. Et deux défauts ; têtue.
Et l’autre défaut ? Ben têtue…
Trois jours de célibat, ça fait de mal à personne. C’est un peu comme un ramadan affectif, ça purifie le corps et l’esprit.
Trois jours c’est long. J’ouvre mon msn. Vous savez le truc où on est en relation avec toutes les filles qu’on a connues…
Et « bang! » coup sur coup, en pleine figure, comme un boomerang, deux vieilles connaissances (façon de parler, elles ont mon âge à elles deux…).
Wafaa, que j’ai passionnément aimée, grande fille, belle, indolente, sûre d’elle et ambitieuse. Et Rabirahim, jolie fille, danseuse orientale (traduisez strip-teaseuse…)
En gros, une qui voulait aller en Amérique (non merci) et l’autre qui voulait seulement se marier...
C’est toujours comme ça vous me direz… Quand on veut, elles veulent pas et quand on veut pas , elles veulent.
Toutes les deux ont éclaté le carcan de leur destinée, elles ont quitté le Maroc, presque fuit on pourrait dire. Le rêve de milliers de marocains se conjugue à l’étranger…
Wafaa est à New-York, elle m’envoie des photos. C’est une belle et grande américaine lunettes de star, santiag en croco, fière et arrogante, le buste en avant. Toujours aussi désirable.
Rabirahim est à Abou Dhabi. Que diable est-elle allée faire dans cette galère ?
Je l‘imagine dans des bordels du Golfe, pour hommes d’affaires, gras, onctueux, riches et bagousés. Et dont certaines des bagues pourraient racheter la dette d‘un pays du Thiers Monde.
Deux destins de femmes, deux marocaines, dont une petite différence a fait basculer le destin.
Cette différence? Pas leur quartier, car les mains écartées, je pouvais toucher les murs des ruelles sales et encombrées de débris, tôles, fils électriques et tuyaux courants à même le sol, quand j’allais boire le thé chez leur parents sur la table basse et les sofas propres du salon…
Non, la différence, c’est quelques années d’études pour l‘une, et un père absent pour l’autre. Et deux destins qui basculent, l’une en Amérique l’autre dans les bordels de Dubaï et Abou Dhabi…
IV - DU QUOTIDIEN
GINETTE LA FRANCAISE
Ginette a acheté un ryad à Marrakech, il y a quelques années. Elle a fait des travaux de bon goût et m’assure que son prix a été multiplié par cinq. Je veux bien la croire.
Elle me guide un temps dans La Médina. Je l’invite au restaurant « Toubkal » sur la place « Djemaa el Fna » (la place du destin), là ou on exécutait jadis les condamnés en exposant leur tête au soleil.
C’est maintenant le lieu de rencontre des touristes branchés du monde entier. Une annexe des Champs Elysées.
Ginette était infirmière en chef, elle a 70 ans et en annonce 55.
Elle a, des hommes marocains, une image pessimiste. Elle m’assure qu’ils passent leur journée à la terrasse des cafés à regarder les filles « pas plus haut que le bas du dos ».
Ce que je sais faire aussi.
Quant aux marocaines, elle me prévient -pour mon bien- qu’elles ne cherchent qu’à « plumer » les hommes (les européens évidemment).
En passant, elle me demande si je veux sortir avec elle. Je décline poliment l’offre en prétextant une copine.
Elle m’accorde l’hospitalité pour une nuit ou deux. La chambre est magnifique. Je verrouille la porte par précaution.
Ginette est révoltée par les hommes plus âgés qui sortent avec des femmes plus jeunes. C’est une tradition au Maroc... et une sale manie des européens.
J'acquiesce prudemment.
Pas de chance, le lendemain, elle ma croise au restaurant avec Leila, 24 ans. J’ai aucune excuse, mais c’est Leila qui veut sortir avec moi, même si elle m’assure qu’elle veut rester vierge (je lui ai rien demandé) jusqu‘au mariage.
J’invite Ginette à notre table. La grande fraternité des européens.
(re) Pas de chance, Leila n’arrête pas de vouloir me prendre la main sous la table pour s'amuser ou afficher une liaison que je souhaite sincèrement platonique. Vu son âge et le mien.
Manège qui n’échappe pas à l’œil médical et furieux de Ginette.
Moi amusé et confus… Et soulagé quelques jours plus tard, lorsque je croise Ginette, inoculée et amoureuse, avec un jeune marocain...
Qui, évidemment, n’en veut pas à son argent…
LE KEFTA DU JOUR
Agadir, un petit café maure en face de la mosquée... "Café de la Tour Eiffel" ça ne s'invente pas.
Je commande un "kefta", sorte de viande hachée avec des oignons et les légumes du jour.
Le serveur, un gentil garçon édenté, se met en quatre pour me faire plaisir. Il postillonne sur ma viande qu'il malaxe de ses mains douteuses.
J'évite de lui répondre pour limiter les dégâts, mais il prend mon sourire embarrassé pour de l'incompréhension et s'égosille pour me "tailler la bavette" et couvrir les bruits de vaisselle, en bavant de plus belle sur mon bifteck.
Heureusement, tout ça est frit à l'huile bouillante...
C'est bon et pas cher ; 2,50 euros pour le plat du jour, deux thés à la menthe et un jus d'oranges naturelles.
_ Qui dit mieux ? (Mieux!)
Et ça vaccine...
CORRUPTION ORDINAIRE
Un petit vendeur qui étale costumes, cravates, chaussures et chemises sur des cartons comme des dizaines d'autres au coin de la rue. Passe un policier qui rentre chez lui. La discussion s'engage, le ton monte. Il est 9h30, il aurait dû plier bagages depuis une demi-heure.
Le policier repart avec des pulls, chemises et chaussures de sports pour ses enfants. Autant qu'il peut en prendre sous les bras.
Le petit vendeur vocifère et plie bagage.
Demain, il fermera à l'heure.
DE LA CONTREFACON AU MAROC
Le plus difficile au Maroc n’est pas de trouver une contrefaçon, mais une Marque authentique.
Des vêtements, ceintures, chaussures, Jean’s, en passant par les sacs à mains, lunettes, montres, téléphones, appareils photos, films, DVD, parfums, médicaments… Tout est contrefait. Tout se vend.
Ne vous avisez pas de demander à un « bazari » de la Médina si son magnifique blouson Diesel en daim, cousu et brodé main, est authentique ou à un petit vendeur à la sauvette si sa montre « Breitling » est fausse, il vous répondra d’un air offusqué, que c’est une «Véritable Copie». Pourquoi mentirait-il ? De toute façon, même si c’était vrai, personne ne le croirait.
Et comment pourrait-il justifier un prix si attractif, qui lui permet de se démarquer et de vendre?
La contrefaçon a atteint un véritable statut. C’est un «Must». J’en arrive à me demander si l’original présente encore un quelconque intérêt.
Mais rendons-en grâce à dieu. C’est ce qui permet aux belles, jeunes ou pauvres rabaties, marrakchies ou casaouites de demeurer élégantes à nos yeux.
Maintenant soyons clairs, il y a deux sortes de contrefaçons ; la contrefaçon de qualité, qui est le même produit que l’original, disons pour prendre l’exemple d’un sac “Vuitton”, un objet en cuir, de qualité, soigné et ouvragé, et l’autre, une vague imitation en similicuir ou plastique collée...
Au niveau du prix c’est simple. Le contrefait de qualité coûte environ la moitié de l’original et la reproduction bas de gamme le dixième.
POLICE (pas) DE QUARTIER
Visite d’une expo de peinture à l’École des Beaux-Arts de Casablanca avec Nassima.
Nassima a trente ans, elle est célibataire, couturière, gentille, vierge (déclarée) et vit chez ses parents.
On fait quelque pas sur le trottoir.
Une guérite de policiers comme il y en a des dizaines à Casa. Un policier sort et nous interpelle, l’air méchant. Nous voilà dans la guérite. Il prend nos papiers. Un européen avec une marocaine, visiblement il ne supporte pas. Et pourtant, on se tenait même pas la main. On parlait sagement, c’est tout.
Je comprends assez rapidement ce qu’il veut… de l’argent. Evidemment il ne demandera pas, c’est à nous de proposer. Je propose rien. On peut rester trois heures comme ça, moi assis bêtement sur une chaise, je suis un européen, un touriste, ils me ménagent.
Mais pour Nassima, c’est en arable dialectal, qu’elle me traduira après, les insultes, les insinuations obscènes… et les propositions sexuelles…
Il menace de faire venir un médecin pour vérifier sa virginité. En quoi ça le regarde ? Et pourtant il parait que c’est permis… Moi, tout ce que je sais c’est qu’on s’est vu deux heures en tout...
Il menace de prévenir sa famille… de la ficher comme prostituée… Il lui fait des propositions, si elle accepte de le revoir, il classe l’affaire. Quelle affaire ?
Moi, j’ai une sainte horreur des postes de police et des méthodes policières. Vous me direz que j’ai pas de chance avec la police ou je le fais exprès ? Je confirme (lire ci-dessus… "Arrestation ordinaire" à Narbonne). Ben oui, c’est comme ça, je passe pas ma vie devant la télé… j‘entends profiter de toutes les libertés qui me sont accordées…
Il établit des comparaisons anatomiques à son avantage… lui il est circoncis… ce serait meilleur… j’en doute… Un homme qui est obligé d’user de telles méthodes pour séduire une fille doit être un piètre amant… et la tendresse bord…???
Nassima se met à pleurer, je file 200 dirhams, que ce flic infect ne mérite pas… ou peut-être ,c’est tout ce qu’il vaut, pour ce qu’il est capable de faire… s’il espère traverser la vie avec cette ambition… soutirer de l’argent par jalousie sexuelle en profitant de son statut.
Sorti de là, je veux aller au tribunal… je téléphone à quelques contacts marocains avisés, dont une juriste… La réponse est la même, ça sert à rien, tu vas attendre trois heures, ils t’écouteront poliment et te donneront un rendez-vous dans trois mois… et comme tu as payé (fusse pour l’honneur et la tranquillité d'une jeune fille, qui pourrait faire autrement ?) On dira que c’est de ta faute…
PASSAGE EN DOUANE
La veille de mon retour en France, l'été dernier, je perds mes indispensables lunettes de soleil. Pas moyen de naviguer sans. Je m’oriente vers un petit vendeur de rue qui me propose à 3 euros, des copies de « Rayban ». Une contrefaçon outrageuse, avec un logo énorme. Pas le choix, que de fausses griffes... Même un enfant de quatre ans ne s’y laisserait pas prendre.
Les contrôles étant systématiques à l’arrivée des vols en provenance du Maroc, je me dis « No soucy ! Je les jetterai avant la fouille... » .
Donc le passage en douane arrive, je cherche fébrilement mes fausses « Rayban » pour les "escamper", je risque une amende salée. Impossible de mettre la main dessus.
C’est mon tour, le douanier me regarde de pied en cap et me demande ce que j’ai à déclarer. « Rien… » je dis, l'air faux comme une jeton. Je sais pas mentir, même aux cartes.
Il me laisse passer pas convaincu.
Je pose la main sur mon front pour éponger un peu de transpiration, et qu’est-ce que je trouve ? Mes fausses « Rayban »…
LES FRANCAIS DEBARQUENT
Quelques jours de vacances, les français débarquent au Maroc. Moi j’suis pas vraiment en vacances. Un français entre deux rives. (Pas encore à la dérive).
Ils s’installent aux Oudayas. Le café maure, et tout de suite ils sont chez eux.
Celui qui paye, le mari, le père ou le grand-père, selon les cas, explique le Maroc à ses affidés.
Il vient deux fois par an, mais il connaît tout. Il parle haut et fort comme un français à l‘étranger.
Une petite vendeuse de henné dessine avec une seringue sans aiguille, des tatouages ethniques, motifs berbères sur les mains et les chevilles.
Une parisienne de la Défense, secrétaire au service des contentieux et recouvrements, avec ça sur les mains, ça fait « papou, indigène, aborigène, musée des Art Premiers », tout ce que vous voulez. C'est très tendance, ça fait « genre ».
Donc ma petite vendeuse, -elle fait vivre sa famille-, vient et annonce selon la technique millénaire des vendeurs berbères, que "C‘est gratuit, juste pour le plaisir des yeux…" Et tant que vous dites rien, elle continue, tout le corps si vous voulez.
Evidemment, pour le prix, c’est un peu à l‘allant. Si le client parle beau ou a un grand chapeau, ce sera plus cher…
Mon français, qui connaît les prix, fait une démonstration d’arnaque à ses petits enfants.
Il explique à la petite vendeuse, calmement et avec pédagogie, il doit être enseignant, que puisqu’elle a annoncé que « c’est gratuit» , ça doit être gratuit…
Me revient en mémoire l’obstination de ma sœur, de la ligue de protection des oiseaux, qui sermonne son chat, sournois et gourmand, chaque fois qu’il mange un oiseau, en m‘assurant qu‘il comprend et qu‘il recommencera plus… (C'est pas le chat qu'il faut soigner...)
La pauvre fille ébahie jette les yeux au ciel… Il a rien compris Cui-là ?!
_ Elle a jamais dit ça… (la fille)
_ Si ! Elle l’a dit… (le français)
_ Mais dans sa langue, ça veut dire autre chose… (moi, en sourdine, faux-cul et débineur à la table d'à côté).
Et le type, bon bougre et large d‘esprit, s’en tire avec une piécette.
La leçon finie, il regarde l’assemblée et conclut avec l'assurance d'un occidental :
_ C’est comme ça qu’il faut faire au Maroc, mes enfants…
LES CAROTTES SONT DANS LE POTAGE**
Ce jour-là, on faisait l’amour sur la terrasse. Il fallait être prudent parce que ses parents mangeaient et dormaient à l’étage du dessous. La terrasse était percée, comme dans beaucoup de maisons marocaines**, d’une large ouverture qui permettait d’éclairer les pièces inférieures.
Donc globalement, on était à quelques mètres au-dessus de leurs têtes. Ce qui expliquait, la relative confiance qu’ils accordaient à notre isolement et l’extrême prudence de nos ébats.
Nos gesticulations devaient ressembler à un film X muet d’avant-guerre interprété par le mime Marceau.
Le silence absolu n’est pas facile dans ces cas-là... Essayez donc ce soir.
Ceux qui ont eu, l'inspiration de besogner nuitamment, chez l’oncle Lucien ou la tante Berthe, savent de quoi je parle.
Néanmoins et pour ne pas éveiller les soupçons de sa mère qu'un trop grand silence aurait alerté, elle entretenait avec l'étage inférieure, une conversation sporadique, anodine et purement circonstancielle, du genre: "el felfel fi al chorba!" (le piment est dans la chorba) équivalant de " les carottes sont dans le potage".
On appréciera ou pas, la finesse l'exercice, un rien tantrique, qui ajoutait cependant, un charme certain à l’entreprise.
Par ailleurs, la terrasse, quoique bénéficiant d’une orientation parfaite par rapport au voisinage, souffrait d’un grave inconvénient. Inconvénient, qui se révéla à l’usage une bénédiction.
Le haut-parleur du muezzin était en face de la maison.
Progrès aidant, la plupart des muezzins, qui ont cette particularité de chanter l’appel à la prière au milieu de la nuit -et tant pis pour ceux qui n’entendent rien aux douces sonorités de la langue d’Aladin- se sont dotés de puissants haut-parleurs dont le volume est parfois poussé à l’extrême.
Notre muezzin de quartier avait un gros rhume. Il avait laissé le micro ouvert. On l’entendait expectorer et se racler la gorge de matériaux gras qu’on devinait luisants et gluants à souhaits… Ce qui n’aidait pas au romantisme de notre affaire. Qui s'éternisait...
Alors pour en finir, -nous étions censés regagner nos chambres respectives-, Azia, appelons-la Azia, me fit l’honneur de sa … (censuré).
Le moment devint crucial, la violence du choc inévitable… Comment taire ce vagissement libérateur sans réveiller la maisonnée, le quartier, et provoquer le scandale ? On peut différer de quelque seconde cette sorte de hurlement, pas plus…
C’est à cet instant que les haut-parleurs crachèrent leurs décibels… Noyant nos cris de joie…
** J’avais initialement situé cette aventure réelle au Liban par précaution…
FIN
Rabat “Arab Café” Décembre 2007
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18.01.2008
ANIMAUX
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17.01.2008
CHIEN ET CHAT
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16.11.2007
PAGE 15
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MES BLOGS
http://bichet.midiblogs.com
quelques-uns de mes tableaux d'art-brut et la suite sur "www.ifrance.com/bichet-peinture"
http://polardautomne.midiblogs.com
Un petit roman policier pour le plaisirr de lire et d'écrire. J'invite le lecteur à deviner la suite.Et moi, je dis "chaud" ou "froid"
http://lanuitlesetoiles.midiblogs.com
Récit amusé de mes six ou sept voyages au Maroc cette année.
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15.11.2007
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14.11.2007
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POURQUOI JE PEINS...
Pourquoi je peins ? Voila une question bien étrange...
Pourquoi est-ce qu'on respire? Qu'on parle ? Qu'on blague? Qu'on blogue ?
Pour commnuniquer sans doute... respirer, parler, blaguer....
L'homme est ainsi fait qu'il ne peut s'empêcher d'exprimer les étranges sensations qui le traversent..
Sensations de bonheur, de joie, de peine, de tristesse, de doute, d'angoisse, d'incertitude, mais aussi et surtout d'espoir..
Et puis ne pas être seul, partager, dire, écrire, dessiner, peindre, aimer...
Ah! Que la vie est belle est puissante qui coule dans nos veines, qui façonne notre esprit...
Que les matins d'automne, les premières neiges, les souvenirs d'enfance, les rouges cerises, les arbres en fleurs, les vignes rousses et les premiers baisers, hantent à jamais notre imaginaire...
15:45 Publié dans Art/Peinture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note















